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POINT DE VUE... Patrick des Gachons par Jean-Michel Bouhours « Re-peindre pour ne jamais s’écarter de la peinture, pour ne jamais, même un jour pouvoir l’oublier (…) C’est un rituel solaire, un rendez-vous avec l’astre solaire, (…) Chaque jour doit apporter son lot de matière bleue dans un carré qui est neuronal à force d’une présence obsessive visuelle, olfactive, gestuelle… " Patrick des Gachons par Maurice Fréchuret « Peint au centre d’un fond carré blanc, le carré bleu progresse chaque année de un pour cent pour tendre vers la couverture totale du fond. Commencé suivant le rapport 50/100 (carré bleu/carré blanc) en 1983, il devra atteindre 100/100 en 2032. Le programme serait naturellement interrompu et l’œuvre achevée si je disparaissais avant cette date » 1. C’est en ces termes dont la précision mécanique ne saurait longtemps cacher les enjeux fondamentaux que Patrick des Gachons définit au début de la décennie 80 ce qu’il nomme judicieusement un « programme de vie ». La progression toute mathématique du bleu sur le blanc, l’évolution lente mais irrévocable de la forme carrée vers les bords de la toile, celle de la matière que densifie chaque couche annuelle confortent le principe de base de l’œuvre dont l’intention volontairement et explicitement programmative apparaît bien vite dans toute sa rigueur. Rigueur n’étant pas synonyme de raideur, l’œuvre de Patrick des Gachons, en dépit du principe austère qui la guide, est largement ouverte aux fluidités sensuelles du paysage et de la lumière tout comme elle l’est aux flux de la vie et de ce qui la constitue. Le bleu cobalt que l’artiste utilise résonne des mille vibrations méditerranéennes auxquelles depuis si longtemps l’artiste porte une attention soutenue. Depuis son séjour révélateur en Sicile à la fin des années 60 jusqu’à sa durable installation sur le Côte d’Azur ou, présentement, sur son lieu de vie, à Fraïssé-des-Corbières, Patrick des Gachons assimile le paysage méditerranéen et sa lumière et leur offre la surface de ses carrés pour que leur image s’y réfléchisse pleinement. 2. Cependant, l’ambivalente réalité de cette lumière dont la douceur peut vite faire place à de tranchants et violents aplats semble dans un rapport étroit avec une démarche dont on devine aussi aisément la double valence. Quête de plénitude qui impose que la vie devienne, selon les propres termes de l’artiste, un matériau et un outil et, en contre-champ, la mort opérant elle aussi comme un outil qui mettra fin au dispositif mis en place. Cette vie, faite, entre autres, de séances régulières de travail dans l’atelier ou aux abords immédiats de celui-ci pour, le cas échéant, mieux capter la lumière, est bien le pivot d’une œuvre qui poursuit elle aussi son destin. Mais nous serions tenté de penser que si incontestablement l’œuvre trouve à se construire en des rituels quotidiens, elle trouve dans d’autres événements ou d’autres projets de quoi se consolider aussi. Ainsi ce château que l’artiste, durant de nombreuses années, remet en état après que le temps lui eut infligé les marques de la décrépitude en constitue-t-il aussi un pan. La lente et besogneuse reconstruction de l’architecture est plus qu’une métaphore d’une œuvre qui elle aussi « prend son temps ». Elle lui est entièrement liée. Projet de fou, certes, mais projet qui, loin d’être insensé, permet aussi à l’œuvre de trouver précisément son sens. Les carrés bleus de Patrick des Gachons ne présentent pas que des sédiments de couleur superposés : ils consignent aussi, en couches plus ou moins épaisses, ce que l’artiste vit ou réalise par ailleurs. Ils forment une sorte de mémoire de ce qui constitue l’existence et, de ce fait, sont à placer dans la lignée des démarches artistiques qui visent à intégrer les données de la vie à celles de l’art. On le pressent bien évidemment, comme les autres œuvres dites « en programme » qui ont vu le jour depuis les années 603, celle de Patrick des Gachons est aussi entièrement traversée par les problématiques du temps et de sa fuite. Le programme établi le dit clairement et la progression linéaire qui est donnée à lire est très limpide : le temps est la matrice dans laquelle chaque toile trouve à s’intégrer. Croissance, évolution, progression, développement, étirement sont du reste les termes qui servent tour à tour à définir l’œuvre et à évoquer le cursus temporel. Ils forment les liens sémantiques naturels entre le temps qui passe et une pratique picturale qui affiche un tel parti pris programmatique. Intrinsèquement lié à elle, le temps est à l’œuvre ou, pour mieux dire, fait œuvre. C’est dans le même registre que celle de ses aînés – nous pensons à Roman Opalka, à On Kawara ou encore à Eric Cameron – que s’inscrit l’œuvre de Patrick des Gachons. Comme ces dernières, en effet, elle se détermine par rapport au temps et aux modes de régulation qu’implique son déroulement. Comme ces dernières elle trouve ses limites contraignantes mais aussi les moyens de son expression la plus libre. Prenant tour à tour, ou le plus souvent simultanément, l’aspect d’une trajectoire où viennent se confronter les concepts de durée ou de finitude, le temps peut aussi se décliner dans les épisodes d’une vie particulière, avec son lot de rencontres et de partages mais aussi avec celui de solitudes et des tourments éprouvés. C’est dans ces différentes définitions que vient s’ancrer l’œuvre de Patrick des Gachons et en elles qu’elle trouve les différentes ressources pour se construire. "
Patrick des GACHONS
repères biographiques
VOIR / ECOUTER http://www.documentary-art.net http://www.dailymotion.com/video/xhvesd_patrick-des-gachons-itw-capc-musee-d-art-contemporain- 07-06-2010-3-mn_creation
documentation
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